Fais comme chez toi (2017-)

Vous vous rendez chez un ami et il vous dit « fais comme chez toi ». Par cette invitation, il vous propose de vous approprier son habitat de différentes façons possibles (s’asseoir sur un canapé, se servir un verre par exemple) tout en respectant certaines limites. Dans ce projet pluridisciplinaire, j’ai souhaité me servir de cette formule de politesse afin de questionner une nouvelle fois la dualité entre vérité et fiction.

 

Pour ce faire, je demande à mes amis et connaissances de m’ouvrir la porte de leurs intérieurs le temps de quelques prises de vues. Contrairement à mes travaux précédents, je ne compte pas photographier ces personnes ni mettre en scène quoi que ce soit, hormis le rendez-vous. Cette fois-ci, je désire photographier des traces de leurs présences. Si mon rendez-vous chez cette personne est planifié, le rendu photographique quant à lui demeure un vrai mystère puisque je fonctionne uniquement à l’instinct.

 

Cette façon de procéder m’amène donc à photographier des affiches abîmées comme des vêtements traînant sur un sofa. Ce travail photographique, à l’instar de celui de Sophie Calle, est surtout de l’ordre du constat et de l’observation d’une réelle part d’intimité.

Je ne cherche pas à ouvrir des tiroirs fermés, ni à fouiller dans un tas de papiers. Je souhaite me restreindre à ce qui se présente devant moi et cette restriction fait écho, pour moi, à ce « Fais comme chez toi » que l’on ne prend jamais totalement au pied de la lettre.

 

Afin de prolonger cette invitation, je propose à d’autres personnes d’écrire quelques lignes sur une image de la série. Je fais simplement en sorte que les personnes qui m’ont laissé venir photographier leurs présences ne soient pas intimement liées aux personnes qui écrivent, ce qui permet à ces dernières d’avoir le plus de recul possible. Hormis le fait que je veuilles quelque chose de « réel », je ne donne que très peu de consignes.

 

Ce processus me permet de questionner une nouvelle fois nos rapports aux apparences puisque les écrits coïncident rarement avec la vérité qui se cache derrière l’image. Une image peut, par exemple, peut dévoiler des objets appartenant à un homme et évoquer les souvenirs d’une jeune femme. Cependant, sans mes indications, le spectateur est ignorant de tout cela et ne peut donc pas savoir ce qui est réel et ce qui est faux voire même savoir si tout est réel ou si tout est faux.

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© 2017 - Pauline Le Pichon

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© 2017 - Pauline Le Pichon