Lorsque j’ai débuté la photographie à la fin des années 2000, je suis rapidement devenue adepte des autoportraits. D’une part, parce que je n’osais pas encore diriger mon appareil vers d’autres personnes et d'autre part, parce que je m’avais constamment sous la main et je pouvais, dès lors, me manipuler à volonté.
En explorant la question des apparences, j’ai élaboré plusieurs séries constituées d’autoportraits. Et comme dans les selfies, je me suis rendu compte au fil du temps, que le regard mécanique de l’appareil pointé vers moi avait le pouvoir de me transformer.
Dès que je mettais le retardateur en marche et que je passais devant l’objectif, je me dédoublais et me créais une nouvelle identité. Telle une actrice, je me mettais automatiquement dans la peau d’un personnage et m’éloignais progressivement de la représentation fidèle de la réalité. 
Étrangement d’ailleurs, puisque je réalisais rarement mes autoportraits en présence d’autres personnes, comme si ce changement était beaucoup trop intime, trop personnel.
Avec peu d’ingrédients, « Asymétrie » représente cette transition où je quitte le réel pour parvenir au semblant.
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